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Il y a dix ans, le 13 novembre 2015, Paris était frappé par une série d’attentats meurtriers. Ils ont fait 132 morts ; 90, rien qu’au Bataclan. Ce soir-là, Franck était présent dans la salle de spectacle. Ce rescapé nordiste revient sur ces dix années de reconstruction au micro d’ICI Nord.
"Des fois, on met un genou à terre, mais pas les deux". Même après 10 ans, Franck sent encore qu’il peut rechuter. Depuis le 13 novembre 2015, il se bat pour se reconstruire. Ce Nordiste, originaire de Vieux-Condé, était présent au Bataclan le soir des attentats, qui ont fait 132 morts à Paris et à Saint-Denis . Ces derniers jours n’ont pas été faciles pour lui, à l’approche de ce dixième anniversaire très symbolique, mais Franck a le sentiment d’aller mieux, au fil des années.
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"Ça serait mentir de dire que j’ai une vie qui est moche, que je ne suis pas heureux", assure Franck."J’ai fait ce choix d’essayer de vivre encore plus", poursuit celui qui ne veut pas être désigné comme une victime : "Comme je le dis toujours : je suis un sur-vivant, en deux mots : je vis plus, je fais tout pour que ma vie soit belle. Maintenant, il faut s’habituer à vivre avec le trauma, parce qu’il est là tout le temps, en vous, avec vous, il vous remodèle. On change quand on sort d’une expérience comme ça".
Ces dix dernières années, c’est grâce à ses proches, et aux autres rescapés qu’il a réussi à avancer. Cela ne l’empêche pas d’avoir toujours des images marquantes en tête, qui ne disparaissent pas avec le temps : "Malheureusement, je me souviens de tout dans les moindres détails".
Le Nordiste aimerait parfois oublier, mais il considère que son témoignage doit continuer de résonner : "D’un point de vue personnel, il y a des fois où j’aimerais que mon cerveau me cache certaines choses. Maintenant, je crois très fortement au travail de mémoire. C’est important de partager son expérience, de faire comprendre aux gens à quel point c’était une expérience horrible, et de rendre compte de ce que l’homme peut faire à l’homme. Surtout, il faut expliquer comment l’humanité s’est mise en route, parmi les victimes, ce soir-là".
Franck participe ce jeudi aux commémorations qui ont lieu à Paris . Il sera accompagné d’autres rescapés, "des victimes qui sont devenues de très grands amis", souligne-t-il.