17 absences d’effets des vaccins à ARNm sur les cancers
Article mis en ligne le 30 septembre 2025

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Après les mauvaises raisons de ne pas se faire vacciner, les antivax essayent d’innover, et de trouver des raisons pour lesquelles le vaccin contre le Covid-19 pourraient être responsables de « l’épidémie de turbo cancers « … qui n’existe que dans leur imagination.

C’est ainsi que des blogs antivax, relayés par des pages connues pour leurs intox, propagent ce genre de chose :

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https://lepointcritique.fr/2025/06/19/vaccins-arnm-anti-covid-peuvent-induire-cancer-de-17-manieres-distinctes-selon-plus-de-100-etudes/?

Pour se faire, ils s’appuyent en introduction sur un discours du Pr Khrayat, cofondateur de l’Inca (institut national du Cancer), au sujet de l’augmentation du cancer du pancréas. Et ils suggèrent fortement que la vaccination, dont « évidemment » on ne connaît pas toutes les conséquences à long terme, peut jouer sur l’apparition de ce cancer.

Sauf que :

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https://www.univadis.fr/viewarticle/pratique-cancer-du-pancr%25C3%25A9-augmentation-inqui%25C3%25A9tante-2025a1000781

Oui, vous avez bien lu : cette augmentation date de 30 ans ! Donc la lier à la vaccination contre le Covid-19, qui n’a pas 5 ans, est quand même une exagération de taille !

Il nous était impossible de passer à côté de cet article sans aller y « jeter un oeil » (les plus chagrins diront : « sans aller y fourrer votre nez »).

Nous allons donc « éplucher » ces 17 raisons, et leur bibliographie…

… Mais avant, histoire de gagner du temps sur la suite, nous tenons à pointer deux éléments : La protéine Spike du virus fait fusionner les cellules en syncitiums. C’est ce qui cause la pathologie pulmonaire. La protéine stabilisée, produite par le vaccin , ne le fait que très peu. La protéine Spike produite après vaccination reste majoritairement fixée à la membrane des cellules qui l’ont produite.

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https://www.larecherche.fr/la-longue-histoire-des-vaccins-%C3%A0-arn-messager?

Des fragments peuvent se disperser dans l’organisme , et y être retrouvés, mais en quantité infinitésimale. Des études chez le rat ont bien retrouvé la protéine Spike dans tout leur organisme, mais ils avaient reçu 500 fois la dose de vaccin adaptée à leur poids !

Ceci étant posé, nous pouvons commencer le débunk

1/ Instabilité du génome

Où nous voyons revenir la légende de l’intégration de l’ARNm dans le génome du vacciné.

Trois références sont données pour « prouver » que c’est possible, que cela existe, etc.

Première référence : Expérience in vitro, avec une culture de cellules Huh-7 . Lignée obtenue à partir d’un cancer du foie (entre 55 et 63 chromosomes, alors que des cellules humaines normales n’en ont que 46)

Ce sont donc des cellules totalement anormales, non rencontrées dans le corps humain. Qui plus est, cet article montre bien qu’elles peuvent traduire l’ARNm en ADN. Mais pas l’intégrer dans notre ADN.

Deuxième référence : Faite dans un tube à essai, dans des conditions non présentes dans l’organisme.

Troisième référence : Cet article parle de l’intégration du génome du VIRUS lui-même, pour tenter de comprendre le fait que des patients infectés continuent à produire du virus bien après avoir eu la maladie. C’est également fait en culture cellulaire. IL N’Y EST PAS QUESTION DU VACCIN !

Pour avoir un résumé, voir cet article .

Conclusion de cette première partie : Ce sont des suppositions absolument gratuites, faites à partir d’articles qui montrent des cellules dans des conditions non physiologiques, et qui ne montrent pas d’intégration de l’ARNm rétrotranscrit, quand il existe, dans l’ADN !

2/ Evasion immunitaire

Un auteur est cité, Nicolas Hulscher . Problème : il est déjà à l’origine de bon nombre de fake news sur les vaccins à ARNm.

Qui plus est, l’article cité pour appuyer leurs dires, sur l’interférence de la protéine Spike avec une protéine inhibitrice de tumeur, parle du virus, pas du vaccin. Or d’une part, le virus nous fait produire énormément plus de protéine Spike que le vaccin. D’autre part, la protéine Spike produite suite à la vaccination est légèrement différente, et reste sur la cellule qui l’a produite, comme nous l’avons indiqué en introduction. Les autres sources parlent du rôle des protéines de régulation contre les tumeurs.

L’extrapolation d’un risque lié à la protéine Spike virale à celle produite suite à la vaccination est donc peu, voire pas du tout, pertinente !

3/ Mécanisme de réparation de l’ADN altéré

Affirmation basée sur un article de Seneff et al . Il est fort dommage que la réponse fournie à cet article n’ait pas été mentionnée. Parmi les « défauts » de l’étude de Seneff et al, on trouve : Déformation des articles mentionnés : utilisation d’articles concernant les vaccins non à ARNm, pour parler des risques des vaccins à ARNm. Utilisation d’un cas unique, généralisé à l’ensemble des patients. Utilisation d’articles parlant des effets des ARNm viraux (et non de celui du vaccin). Utilisation du VAERS comme source documentaire (or c’est une base de données seulement déclarative, qui doit ensuite être analysée par la pharmacovigilance). Ne tient pas compte du nombre de doses de vaccins utilisées, et fait des extrapolations hasardeuses.

Nous avons vu que les propriétés de la protéine Spike produite par le virus sont différentes ce celle produite suite à la vaccination. Citer un article qui fait cette extrapolation n’est donc pas pertinent.

Les autres sources mentionnées parlent aussi de la protéine Spike produite par le virus. Avec le même problème de pertinence, donc.

4/ Inflammation chronique

L’inflammation est une réaction classique suite à une vaccination. Elle se manifeste le plus souvent sous la forme de la rougeur/chaleur/gonflement au point d’injection. Le fait que le vecteur lipidique du vaccin à ARNm induise une inflammation n’a donc rien d’anormal.

Cela fait même partie de la réponse du système immunitaire .

Les auteurs de la première source citée précisent même que cette inflammation aide à l’induction de la réponse immunitaire adaptative.

D’autres sources fournies précisent même que cela donne une réponse immunitaire robuste.

Un des liens n’a rien à voir avec le sujet, puisqu’il parle d’un traitement de la fibrose pulmonaire liée à la maladie. Un autre est un lien mort.

Une des sources est un préprint, donc un article non corrigé par les pairs. Et il concerne un faible nombre de sujets.

Certaines sources ne font que montrer que la vaccination induit bien une réponse immunitaire. Celles qui montrent la persistance de la protéine Spike vaccinale à long terme montrent que c’est en très faible quantité. Et sur un faible nombre de sujets.

Il ne ressort donc rien d’affolant de cette littérature.

5/ Dysrégulation du système immunitaire

Cette partie s’appuie en particulier sur un article qui focalise sur la pseudo-uridine utilisée dans l’ARNm du vaccin.

La présence de cette pseudo uridine irrite beaucoup les antivax, qui interprètent à leur sauce diverses études. Mais comme expliqué par cet article , datant de 2024, il n’y a toujours pas de preuve d’un lien avec les cancers.

Parmi les sources, on trouve aussi un article de l’équipe de Mr McCullough, antivax notoire, qui a aussi affirmé que les vaccins à ARNm sont responsables d’une « énorme vague de maladies » (ce qui est faux, évidemment), qu’après autopsie, bon nombre de décès de personnes vaccinées pouvaient être liés au vaccin (article rétracté, parce que très mauvais), que le vaccin fait plus de victimes que le virus. Ses affirmations sont donc à prendre avec de très longues pincettes.

D’autres articles, mentionnant les détails des réponses immunitaires, sont cités (mais sans éléments de comparaisons avec d’autres vaccinations, qui permettraient de dire si celle contre le Covid-19 pose problème).

Un cas particulier est mentionné, une autre étude parle de l’effet du vaccin sur des cellules de tumeur de cerveau (cellules gliales, astrocytes…)… in vitro ! Donc dans des conditions non physiologiques. Et ils en tirent des conclusions sur son effet sur le système immunitaire.

Mais tous ces articles sont utilisés sans tenir compte du fait que l’écrasante majorité des protéines Spike produites ne quittent pas le muscle où elles ont été injectées.

6/ Perturbation de l’ARN

Cette affirmation se base sur l’action de la protéine Spike du virus. Voir plus haut. Sans intérêt donc !

7/ Activation des voies oncogènes

Partie qui s’appuie sur les actions de la protéine du virus, une fois de plus. Et qui cite UNE étude, dont la conclusion est :

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https://www.eurekaselect.com/article/148704

« Cette étude préliminaire a identifié des changements métaboliques dans la moelle osseuse des leucémiques et suggère des différences métaboliques associées à la vaccination avec (le vaccin Pfizer). … ces découvertes ne démontrent pas de lien de cause à effet entre la vaccination à ARNm et le développement d’une leucémie, mais montrent la nécessité de faire davantage de recherche pour comprendre les changements métaboliques induits par la vaccination, dans ces contextes ».

Aucune preuve d’une action du vaccin dans ce sens, donc.

8/ Micro environnement tumoral

Partie qui met en avant la « découverte » des « turbo cancers « . Sauf que ces cancers n’existent pas !

On peut trouver, cité, le cas d’une souris ayant développé un lymphome après avoir reçu le vaccin. Sauf que c’était une injection INTRAVEINEUSE, et d’une forte dose ! Rien à voir avec ce que nous recevons.

L’effet mentionné sur la maladie d’Alzheimer est, une fois de plus, lié à la protéine Spike du virus. Revoir l’introduction !

9/ Réveil des cancers dormants

Ici encore, les auteurs se basent sur les articles mentionnant les effets de la protéine Spike du virus.

Ah, au fait, non, l‘ivermectine n’est pas efficace contre le virus, in vivo ! C’est pour cela qu’elle n’a pas été utilisée, surtout qu’on a aucune preuve d’un danger hypothétique de la protéine produite par le vaccin dans ce domaine.

10/ Altération de la surveillance immunitaire

L’utilisation de modifications de l’ARNm (et pas que la pseudo uridine) diminue effectivement la production de cytokines par les cellules dendritiques. Cela augmente la stabilité de l’ARNm.

La deuxième étude parle de l’effet pour de futures thérapies à ARNm dans le foie.

Le dernier article n’est pas une étude, mais une discussion, sur la possible utilisation des Toll like receptors comme adjuvant pour un vaccin !

L’extrapolation à un effet du vaccin sur la surveillance immunitaire ne repose que sur une généralisation d’un effet limité dans le temps et l’espace, puisque les protéines Spike du vaccin ne restent que quelques jours, et sont dans leur écrasante majorité près du lieu d’injection.

11/ Décalage de cadre (frameshift)

Voilà le point qui fait énormément hurler les opposants aux vaccins à ARNm. Et pourtant…

Un article en français permet de comprendre le problème soulevé.

Un autre résume la situation :

Sur des cellules Hela (c’est à dire des cellules tumorales, in vitro) :

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https://sciencebasedmedicine.org/do-mrna-vaccines-produce-harmful-junk-proteins-that-gunk-up-the-cell-and-cause-rogue-immune-responses/

Le décalage est de l’ordre de 8%, mais cela a une conséquence intéressante :

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Le système immunitaire des souris a bien produit une réponse à ces protéines différentes, mais cela a augmenté la réponse à la protéine Spike du vaccin ! Cela se produit aussi chez l’humain.

Les auteurs ont alors montré qu’en changeant simplement le code de l’ARNm, sans changer le peptide produit (oui, c’est possible, voir ici ) diminue fortement cet effet de décalage de cadre.

Point supplémentaire :

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Les vaccins Moderna et Pfizer sont tous les deux à ARNm, mais n’ont pas la même séquence de codage de leur ARNm. Or l’efficacité et la sécurité de leurs vaccins sont très similaires. Ce qui implique que ces peptides produits par le décalage de cadre n’ont pas d’effet significatif…

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Et il n’y a pas de « signature auto-immune » de ces vaccins.

Donc en conclusion, ces études étaient utiles, mais n’ont pas montré de raison sérieuse de s’inquiéter au sujet des vaccins à ARNm.

Il y a donc bien une production de peptides différents, mais d’une part cela semble améliorer la réponse du système immunitaire au vaccin, d’autre part, il n’y a pas d’effet négatif constaté.

12/ Injections multiples

D’après l’article, ces injections multiples entrainent un épuisement du système immunitaire. A l’appui, ils citent un article … qui parle de l’effet de trois doses de vaccins chez les patients cancéreux. Résultats : effets très bénéfiques de deux doses. Réactions plus diverses de la troisième, allant d’un bénéfice, à une suppression de la production d’interféron. Leur conclusion parle du fait que leurs résultats doivent être pris avec précautions, du fait du faible nombre de participants à l’étude, et de la nécessité d’adapter la vaccination à chaque patient. Tout en pointant l’effet très bénéfique des deux premières doses.

Bien. Mais sommes nous tous des patients cancéreux ?

Les deux références suivantes sont, d’une part un article qui parle de données analysées par P. Doshi , un antivax convaincu, d’autre part, un « article » co-écrit par Xavier Azalbert (patron de France Soir, qui n’est pas compétent dans ce domaine), Christian Perrone , Martin Zizi, etc, tous antivax notoires.

L’article cite aussi la Fondation McCullough, dont nous avons vu plus haut le manque de rigueur scientifique. Et tord légèrement les conclusions des articles cités. Par exemple, ici , l’article indique que la troisième dose semble diminuer la protection contre Omicron, mais que cela diminue fortement les formes graves, en particulier chez les personnes vulnérables. Il est fort dommage que les auteurs de l’article aient oublié cette deuxième partie.

Les sources aboutissent sur des liens morts, sur des billets d’opinion, sur un article qui envisage une hypothèse d’après la littérature scientifique, des études de cas (un patient par article, pour l’un, les auteurs disent être conscient que la survenue du cancer après la vaccination peut être un hasard, surtout quand c’est dix jours après !).

13/ Contamination ADN des vaccins Pfizer et Moderna

Pas dans les quantités « astronomiques » claironnées par les antivax . Vraiment pas .

14/ Séquences ADN de SV40 oncogène dans l’injection Pfizer

Il s’agit simplement d’un promoteur , pas du virus lui-même.

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https://assets.publishing.service.gov.uk/media/669e40cdce1fd0da7b592a11/FW__FOI_24_212_final_redaction.pdf

« Le fragment est inactif, n’a aucun rôle, et la quantité présente est inférieure aux limites imposées ».

15/ Dérégulation du système rénine-angiotensine (SRA)

Affirmation portée uniquement par Jean Marc Sabatier. Nous ne pouvons que vous inviter à lire cet article :

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https://menace-theoriste.fr/du-labo-a-larnaque-le-business-pseudoscientifique-de-jean-marc-sabatier/

Ainsi que cette mise au point .

16/ Destruction du microbiote

Il n’est question dans l’article fourni que d’une diminution (certes, de moitié) d’un des composants du microbiote. L’article précise également que le virus lui-même impacte négativement le microbiote. L’étude a porté sur 34 sujets.

Pour information, le microbiote ne se limite pas à un seul composant.

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https://www.inserm.fr/dossier/microbiote-intestinal-flore-intestinale/

17/ Augmentation de la résistance aux traitements

L’ article fait des extrapolations à partir de résultats obtenus avec la protéine Spike du virus. Or nous avons vu en introduction que celle du vaccin n’a pas les mêmes propriétés, et ne quitte guère son site d’injection.

Une autre « personnalité » antivax est citée en source : Mme Henrion Caude .

Le seul point intéressant de cette partie est le fait que le Queensland veut effectivement détruire une banque d’échantillons utiles pour la recherche.

Cette personne parle du fait que « aucun des 70 essais cliniques, portant sur 17 maladies, n’a dépassé le stade 2″… Elle oublie juste les vaccins vétérinaires . D’autres vaccins sont en cours de test, en phase 3 , et sont prometteurs.

Pour conclure ce pavé : Cet article est essentiellement fait pour faire peur. Il extrapole les faits observés avec la protéine Spike du virus à celle du vaccin, généralise des cas particuliers, énonce des intox pourtant déjà largement démontées, et met en avant les propos erronés de personnalités antivax.

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