Pourquoi je supporte de moins en moins l’alcool en vieillissant - Elle
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Pourquoi je supporte de moins en moins l’alcool en vieillissant - © Juan Moyano / GettyImages
Je décrypte les tendances beauté et m’interroge sur ce que nos obsessions esthétiques, nos gestes et nos routines disent de nous. Accro aux réseaux sociaux (mon temps d’écran sur TikTok donnerait des palpitations à toutes les mères Montessori), je suis fascinée par la viralité, ces phénomènes qui nous happent et racontent, à leur manière, l’air du temps. Entre pop culture et pulsations collectives, j’aime comprendre notre époque à travers le prisme de la beauté. De toutes les beautés, surtout celles que l’on voit le moins.
Pas besoin d’avoir le meuble bar de Sue Ellen Ewing pour se rendre compte que le dernier gin-to de la veille était peut-être celui de trop. Il y a quelques semaines, après avoir fêté l’anniversaire d’une copine de copine – ces soirées où l’on arrive en +1 en pensant faire acte de présence et où l’on finit à la fermeture – le réveil fut (très) difficile. Les heures qui ont suivi tout autant. J’ai donc cherché des réponses. Et comme je crois au partage d’expérience, je vais faire quelque chose qu’aucune personne sensée ne ferait : vous révéler ma conversation avec Chatgprouté.
« - Coucou, j’ai un peu trop bu hier. Est-ce que tu peux me donner des astuces pour que ce mal de crâne, ces nausées et cette sensation d’avoir été écrasée par un camion-poubelle cessent rapidement ? Merci.- OK Elisa, d’abord tu respires, tu n’as rien fait de mal (on a l’IA qu’on mérite). Ce que tu ressens est tout à fait normal, surtout à ton âge. »
« À ton âge ». Pardon ? Certes, le changement de dizaine me faisant passer d’une vingtaine insouciante à une trentenaire angoissée n’a pas encore été totalement digéré, mais je ne suis pas non plus en fin de vie (si ?). J’ai quitté l’appli fâchée (comme souvent). Après une veille médiatique – puisque c’est mon métier – je tombe sur un article du New York Times : « Pourquoi ma tolérance à l’alcool diminue-t-elle avec l’âge ? » C’est donc vrai, Internet nous écoute. Je clique.
La journaliste Melinda Wenner Moyer a posé la question à des chercheuses spécialistes de l’alcool. Un métier plus salvateur qu’on ne le pense. Sur le banc des accusés ? Le corps, mais aussi le cerveau. Avec l’âge, l’organisme dégrade l’alcool moins efficacement. Résultat : les quatre verres de vin blanc restent beaucoup plus longtemps dans le sang, avec des effets plus intenses et prolongés. « Chaque année qui passe, notre corps décompose l’alcool plus lentement, ce qui entraîne une alcoolémie plus élevée, davantage d’altération des fonctions et des gueules de bois plus sévères » explique la chercheuse J. Leigh Leasure.
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Et c’est là que les mauvaises nouvelles s’enchaînent. À partir de 30 ans, on perd progressivement du muscle, tandis que la masse grasse augmente. Or, le muscle contient plus d’eau que la graisse. « Moins de muscle signifie moins d’eau dans le corps pour diluer l’alcool, ce qui entraîne une concentration plus élevée d’alcool dans le sang. », précise la chercheuseMollie Monnig. Ajoutez à cela une sensation de soif qui diminue en vieillissant, favorisant la déshydratation déjà bien accentuée par l’alcool. Autre responsable : le foie. Avec l’âge, il devient moins performant, ce qui fait que l’on ressent les effets de l’alcool plus rapidement et beaucoup plus longtemps.Mais passé un certain âge, ce n’est pas seulement la quantité d’alcool dans le sang qui pose problème, c’est aussi la façon dont le cerveau y réagit.
En vieillissant, le cerveau subit des changements naturels, comme un ralentissement de certains processus cognitifs ou encore une légère diminution du volume cérébral. En gros, il met plus de temps à traiter les informations. Quand l’alcool s’en mêle, le cocktail est explosif. On comprend moins vite, on réagit moins rapidement et on récupère beaucoup moins bien. En réalité, l’alcool agit comme un amplificateur. À alcoolémie égale, ses effets sont plus forts qu’à 20 ou 25 ans. Passé la trentaine, ce n’est pas que l’on ne sait plus boire, c’est surtout que notre corps, lui, a décidé de lever le pied. Et c’est à ce moment précis que le slogan « boire avec modération » prend tout son sens.
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