Les billets personnels d’Olivier Duquesne plus connu sur la toile électronique sous le pseudonyme de DaffyDuke ...
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80 ans de prénoms : de plus en plus de diversité - Insee Première
Si Gabriel et Louise sont les prénoms les plus donnés en 2025, le paysage des prénoms donnés aux bébés nés en France s’est profondément transformé en 80 ans. De 8 007 prénoms différents donnés aux enfants nés en 1946 à 65 940 pour ceux nés en 2025, les choix des parents se sont largement diversifiés, à la faveur notamment de l’assouplissement de la réglementation. Avec cet éventail de prénoms beaucoup plus large aujourd’hui, de moins en moins de bébés portent un même prénom : les 5 prénoms les plus donnés en 2025 représentent 6 % des naissances de garçons et 4 % des naissances de filles, contre 33 % et 21 % en 1946. Même des prénoms intemporels comme Marie et Jean, profondément ancrés dans le patrimoine des prénoms, sont beaucoup moins choisis. Véritables marqueurs générationnels, les prénoms ont un cycle de popularité de plus en plus court. Ils émergent, se diffusent rapidement, atteignent un pic de popularité, puis leur usage décline. Certains prénoms comme Louise ou Louis reviennent à la mode après des décennies d’éclipse. Les prénoms uniques se multiplient, reflétant la quête d’originalité par les parents.
Erratum : le 17 septembre, la note de lecture de la figure de l’encadré (en version Web) a été modifiée (la mention « pour 10 000 naissances » qui figurait à la suite de « 5 699 prénoms mixtes ont été donnés » a été retirée car erronée).
La mode des prénoms : entre conformisme et singularité
Choisir un prénom pour son enfant présente des enjeux multiples. De nos jours, au-delà de la simple formalité administrative, le prénom exprime une part de l’identité de son porteur. Ce choix reflète la combinaison de différentes influences et aspirations, parfois contradictoires. Les parents s’inspirent de leur appartenance à un groupe (religieux, social, régional, etc.) ou de références culturelles (historique, artistique, littéraire, sportive, etc.). Ils peuvent aussi chercher à marquer la singularité de leur enfant, ou au contraire à éviter l’excentricité.
Chaque décision individuelle contribue à dessiner le phénomène de mode des prénoms. Ainsi, les prénoms sont un révélateur des transformations sociales et culturelles au fil des époques, traduisant à la fois l’attachement à certaines traditions et le poids croissant de la mode et de l’individualisation des choix [Ouvrir dans un nouvel ongletBesnard et al.,1986 - 2009 ].
Louise et Gabriel, prénoms les plus donnés en 2025
Les 643 900 bébés nés en France en 2025 portent 65 940 prénoms différents. Chaque variante accentuée ou orthographique d’un même prénom est ici comptabilisée distinctement. Parmi ces différents prénoms, 33 240 sont portés exclusivement par des filles, 30 311 par des garçons et 2 389 par les deux sexes (encadré ). Les petites Louise, Jade, Ambre, Alma et Alba portent les cinq prénoms les plus donnés pour les filles ; les petits Gabriel, Noah, Léo, Raphaël et Louis, les cinq prénoms les plus donnés aux garçons (figure 1 ).
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tableauFigure 1a – Top 10 des prénoms féminins les plus donnés en 2025
en nombreFigure 1a – Top 10 des prénoms féminins les plus donnés en 2025 (en nombre) - Lecture : En 2025, Louise est le prénom féminin le plus donné, à 3 070 nouveau-nées.
Prénoms
Filles
Louise
3 070
Jade
2 925
Ambre
2 805
Alma
2 500
Alba
2 360
Rose
2 320
Emma
2 310
Romy
2 245
Adèle
2 225
Alice
2 130 Lecture : En 2025, Louise est le prénom féminin le plus donné, à 3 070 nouveau-nées. Champ : Prénoms attribués aux filles nées en France en 2025. Source : Insee, Fichier complet des prénoms.
graphiqueFigure 1a – Top 10 des prénoms féminins les plus donnés en 2025
Lecture : En 2025, Louise est le prénom féminin le plus donné, à 3 070 nouveau-nées. Champ : Prénoms attribués aux filles nées en France en 2025. Source : Insee, Fichier complet des prénoms.
Ces classements varient en fonction des régions. En 2025, Gabriel est le prénom le plus donné dans 12 régions sur 18. Dans les six autres régions, les parents privilégient un autre prénom masculin : Malo en Bretagne, Jayden en Guyane, Kaïs à La Réunion, Rayane à Mayotte et Noah en Guadeloupe et Martinique. Le prénom Louise domine le classement féminin dans quatre régions : Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne et Occitanie. Inaya est le prénom le plus donné dans les régions ultramarines sauf en Guadeloupe où Luna occupe la première place. Jade arrive en tête en Auvergne-Rhône-Alpes, en Normandie et dans le Grand Est ; Ambre dans les Hauts-de-France et en Centre-Val de Loire ; Alba en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse ; Adèle dans les Pays de la Loire et Alma en Île-de-France.
Huit fois plus de prénoms différents en 2025 qu’en 1946
Depuis 1946, le nombre de prénoms différents donnés chaque année augmente alors que le nombre de naissances a diminué sur la période. Les 869 000 bébés nés en 1946 portaient 8 007 prénoms différents, soit huit fois moins qu’en 2025. Les prénoms féminins sont toujours plus variés que les prénoms masculins. En 2025, pour 10 000 naissances, on dénombre 1 131 prénoms différents pour les filles contre 994 pour les garçons (figure 2 ). D’une part, la construction des prénoms féminins favorise leur diversité : ils sont souvent dérivés de prénoms masculins par l’ajout de suffixes variés (-a, -ine, -ette, etc.), multipliant ainsi les combinaisons possibles. D’autre part, des normes de genre sont à l’œuvre. La transmission des prénoms masculins d’une génération à l’autre, plus fréquente, réduit leur diversité. En revanche, le choix des prénoms féminins repose davantage sur des critères esthétiques et une volonté de distinction, les rendant plus sensibles aux effets de mode.GraphiqueTableau
Affichage de l’onglet contenant le tableau ou de l’onglet contenant le graphique
tableauFigure 2 – Évolution du nombre de prénoms donnés pour 10 000 naissances en France par sexe entre 1946 et 2025
pour 10 000 naissancesFigure 2 – Évolution du nombre de prénoms donnés pour 10 000 naissances en France par sexe entre 1946 et 2025 (pour 10 000 naissances) - Lecture : En 2025, ont été donnés 1 131 prénoms féminins distincts pour 10 000 bébés filles et 994 prénoms masculins pour 10 000 bébés garçons.
Année
Filles
Garçons
1946
113
86
1947
111
84
1948
117
87
1949
123
94
1950
128
99
1951
130
102
1952
135
105
1953
141
112
1954
144
112
1955
149
116
1956
151
122
1957
155
127
1958
158
131
1959
160
136
1960
171
140
1961
170
143
1962
173
150
1963
171
147
1964
170
146
1965
175
157
1966
182
156
1967
189
167
1968
194
168
1969
199
176
1970
211
183
1971
217
193
1972
226
205
1973
239
218
1974
265
244
1975
287
265
1976
311
285
1977
316
288
1978
320
294
1979
328
299
1980
326
302
1981
343
312
1982
360
332
1983
384
351
1984
389
351
1985
390
354
1986
393
356
1987
399
357
1988
409
363
1989
420
377
1990
432
386
1991
437
391
1992
467
417
1993
505
448
1994
517
458
1995
522
459
1996
544
464
1997
564
478
1998
583
497
1999
591
505
2000
589
509
2001
630
540
2002
661
573
2003
695
599
2004
723
624
2005
744
646
2006
750
653
2007
772
668
2008
768
672
2009
791
695
2010
832
728
2011
879
755
2012
925
804
2013
931
806
2014
939
820
2015
961
839
2016
983
865
2017
1 000
879
2018
1 011
893
2019
1 027
914
2020
1 049
929
2021
1 037
912
2022
1 076
941
2023
1 122
987
2024
1 126
989
2025
1 131
994 Lecture : En 2025, ont été donnés 1 131 prénoms féminins distincts pour 10 000 bébés filles et 994 prénoms masculins pour 10 000 bébés garçons. Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte). Source : Insee, Fichier complet des prénoms.
graphiqueFigure 2 – Évolution du nombre de prénoms donnés pour 10 000 naissances en France par sexe entre 1946 et 2025
Lecture : En 2025, ont été donnés 1 131 prénoms féminins distincts pour 10 000 bébés filles et 994 prénoms masculins pour 10 000 bébés garçons. Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte). Source : Insee, Fichier complet des prénoms.
La diversification des prénoms n’est pas constante au cours du temps : elle est influencée par la législation en matière d’état civil. En effet, la réglementation des prénoms en France a profondément évolué, passant d’un encadrement très strict à une liberté quasi totale. La loi du 11 germinal an XI (1er avril 1803) limitait le choix des prénoms à ceux figurant dans les calendriers ou à des personnages connus de l’histoire. Cette règle a longtemps freiné la créativité des parents. Toutefois, une diversification progressive s’observe à partir de 1946, malgré le cadre administratif strict, avec 113 prénoms pour 10 000 naissances féminines et 86 pour les naissances masculines. L’instruction générale du 22 septembre 1955 rappelle ainsi que les officiers d’état civil doivent refuser les prénoms « de fantaisie ». Le texte est révisé en 1966 et en 1987 dans le sens d’un libéralisme accru, facilitant notamment l’attribution de prénoms d’origine étrangère. Une première accélération de la diversification des prénoms se dessine au début des années 1970, avec 211 prénoms pour 10 000 filles nées en 1970 et 183 pour les garçons. Le véritable tournant survient avec la loi du 8 janvier 1993, qui abroge celle de 1803. Désormais, les parents peuvent choisir librement, sauf si le prénom porte atteinte à l’intérêt de l’enfant ou à celui d’un tiers. L’officier d’état civil n’a plus le pouvoir de refuser un prénom : il doit l’enregistrer et, en cas de doute, saisir le procureur de la République. Cette réforme ouvre la porte à une plus grande diversité de choix, reflétant des influences culturelles variées et des effets de mode. Son effet est visible dès la fin des années 1990, période à laquelle le nombre de prénoms pour 10 000 naissances approche les 600 pour les filles et 500 pour les garçons.
Moins de bébés portent le même prénom, même pour le plus donné
Avec un éventail de prénoms beaucoup plus large aujourd’hui qu’au milieu du XXe siècle, la concentration des prénoms diminue : moins de bébés portent un même prénom. En 1946, Jean est le premier prénom donné par les parents à 53 380 garçons, soit 12,0 % des naissances masculines. En 2025, Gabriel, le prénom masculin le plus donné, est attribué à 4 625 garçons, soit 1,4 % des naissances masculines de l’année. Ainsi, en 2025, les cinq prénoms de garçons les plus donnés représentent 5,5 % des naissances de l’année contre 32,5 % en 1946.
Le constat est similaire pour les filles. En 1946, 31 090 bébés sont prénommés Marie, soit 7,3 % des naissances féminines, quand Louise, prénom le plus fréquent en 2025, concerne seulement 1,0 % des naissances féminines (3 070 naissances). En 2025, les cinq prénoms de filles les plus donnés représentent 4,3 % des naissances féminines contre 21,3 % en 1946.
Même les prénoms intemporels subissent l’épreuve du temps
Au milieu du XXe siècle, les prénoms s’inscrivent dans des cycles longs et relativement stables : leur popularité s’étale sur plusieurs décennies, ce qui témoigne d’une forte transmission intergénérationnelle et d’un ancrage culturel durable. Les prénoms Marie et Jean dominent les classements jusqu’aux années 1960. En 80 ans, le prénom Marie a été donné à 701 260 filles et Jean à 690 090 garçons. La popularité du prénom Marie culmine en 1947, où il a été donné à 32 780 bébés. Ce prénom atteint son minimum en 2025, avec 510 petites filles prénommées ainsi. Le scénario est similaire chez les garçons pour Jean, donné au maximum 53 380 fois en 1946 et au minimum 540 fois en 2024.
À l’instar de Marie et Jean, seuls 37 autres prénoms (23 masculins et 14 féminins) ont été donnés au moins 100 fois chaque année depuis 1946, tels que Nicolas, Pierre, Daniel ou Julien chez les garçons et Sophie, Lucie, Claire ou Elisabeth chez les filles. Ces prénoms qualifiés dans cette étude de prénoms intemporels, bien qu’ancrés dans le patrimoine, sont de moins en moins choisis (figure 3 ). Ils représentent 6 % des naissances en 2025, contre 18 % en 1946. Tout au long de la période, ils sont plus fréquents chez les garçons. La diminution du poids des prénoms intemporels chez les filles est relativement continue dans le temps. Chez les garçons, au contraire, la part des prénoms intemporels a de nouveau augmenté au début des années 1970 et a connu un niveau élevé jusqu’à la fin des années 1990, portée par le succès de Nicolas et Julien.GraphiqueTableau
Affichage de l’onglet contenant le tableau ou de l’onglet contenant le graphique
tableauFigure 3 – Nombre de filles et de garçons portant un prénom intemporel pour 10 000 naissances par an entre 1946 et 2025
pour 10 000 naissancesFigure 3 – Nombre de filles et de garçons portant un prénom intemporel pour 10 000 naissances par an entre 1946 et 2025 (pour 10 000 naissances) - Lecture : En 2025, 388 filles et 731 garçons pour 10 000 naissances portent un prénom intemporel.
Année
Filles
Garçons
1946
978
2 531
1947
989
2 404
1948
977
2 236
1949
947
2 107
1950
899
1 984
1951
861
1 893
1952
890
1 831
1953
827
1 678
1954
838
1 599
1955
761
1 497
1956
747
1 444
1957
719
1 380
1958
731
1 348
1959
702
1 278
1960
673
1 185
1961
668
1 111
1962
667
1 064
1963
641
1 034
1964
624
978
1965
604
905
1966
656
912
1967
655
890
1968
677
967
1969
673
920
1970
690
890
1971
676
877
1972
645
877
1973
626
863
1974
599
898
1975
584
980
1976
599
1 054
1977
619
1 222
1978
629
1 312
1979
657
1 405
1980
674
1 671
1981
683
1 654
1982
701
1 656
1983
743
1 637
1984
744
1 565
1985
724
1 686
1986
721
1 667
1987
728
1 669
1988
709
1 684
1989
675
1 657
1990
674
1 649
1991
663
1 668
1992
680
1 694
1993
659
1 775
1994
668
1 811
1995
677
1 816
1996
665
1 825
1997
676
1 756
1998
681
1 690
1999
659
1 636
2000
652
1 575
2001
638
1 485
2002
595
1 361
2003
574
1 287
2004
542
1 207
2005
532
1 142
2006
500
1 117
2007
475
1 087
2008
456
1 044
2009
449
1 004
2010
441
922
2011
452
921
2012
440
910
2013
448
912
2014
460
926
2015
477
943
2016
484
928
2017
473
895
2018
470
897
2019
452
834
2020
425
781
2021
418
767
2022
401
737
2023
390
715
2024
389
726
2025
388
731 Lecture : En 2025, 388 filles et 731 garçons pour 10 000 naissances portent un prénom intemporel. Champ : Prénoms intemporels attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte). Source : Insee, Fichier complet des prénoms.
graphique Figure 3 – Nombre de filles et de garçons portant un prénom intemporel pour 10 000 naissances par an entre 1946 et 2025
Lecture : En 2025, 388 filles et 731 garçons pour 10 000 naissances portent un prénom intemporel. Champ : Prénoms intemporels attribués aux enfants nés en France entre 1946 et 2025 (les données avant 2012 ne concernent que la France hors Mayotte). Source : Insee, Fichier complet des prénoms.
Le prénom, un marqueur générationnel
Les prénoms, loin d’être de simples marqueurs individuels, tracent les contours de générations socioculturelles et deviennent les marqueurs d’une époque. L’évolution des prénoms les plus attribués chaque année met ainsi en évidence des ensembles générationnels relativement distincts. Ces évolutions peuvent être rapprochées des grandes générations popularisées par le Pew Research Center et généralement retenues dans la littérature sociologique, avec des bornes variables d’une étude à l’autre faute d’un consensus scientifique, comme les baby-boomers, les générations X, Y et Z [Ouvrir dans un nouvel ongletDimock, 2019 ].
Après la Seconde Guerre mondiale, une diversification progressive des prénoms s’amorce avec les enfants du baby-boom (1946-1964). Des prénoms comme Martine, Françoise, Catherine ou Sylvie et Michel, Alain, Philippe ou Patrick complètent le palmarès largement dominé par Marie et Jean (figure 4 ). Les prénoms des années 1950-1960 reflètent une période de reconstruction et sont largement inscrits dans le registre traditionnel.
Baby-boomers 1946-1964Génération X 1965-1980Génération Y 1981-1996Génération Z 1997-2012GraphiqueTableau
Affichage de l’onglet contenant le tableau ou de l’onglet contenant le graphique
tableauFigure 4a – Top 50 des prénoms féminins et masculins les plus donnés à la génération des baby-boomers
Figure 4a – Top 50 des prénoms féminins et masculins les plus donnés à la génération des baby-boomers - Lecture : Marie est le prénom le plus donné aux filles de la génération des baby-boomers, nées entre 1946 et 1964.
| Prénom | Nombre
| Garçons
| JEAN | 543 775
| MICHEL | 404 250
| ALAIN | 357 514
| PHILIPPE | 300 461
| PATRICK | 294 191
| CHRISTIAN | 274 328
| DANIEL | 245 977
| BERNARD | 245 647
| GÉRARD | 220 274
| JACQUES | 168 242
| PASCAL | 162 807
| DOMINIQUE | 161 932
| PIERRE | 159 248
| DIDIER | 152 718
| CLAUDE | 152 570
| JEAN-PIERRE | 148 699
| THIERRY | 136 856
| ERIC | 128 852
| ANDRÉ | 126 750
| SERGE | 123 370
| JEAN-CLAUDE | 115 250
| GUY | 109 934
| GILLES | 103 463
| BRUNO | 102 463
| JOËL | 102 387
| MARC | 101 698
| FRANÇOIS | 101 278
| YVES | 100 244
| FRANCIS | 85 716
| JEAN-LUC | 82 843
| DENIS | 79 004
| ROBERT | 78 410
| PATRICE | 78 267
| RENÉ | 76 914
| JEAN-PAUL | 64 859
| GILBERT | 63 331
| GEORGES | 61 736
| ROGER | 60 700
| HERVÉ | 57 637
| JEAN-LOUIS | 57 533
| JEAN-MARC | 55 550
| LAURENT | 53 789
| JEAN-MARIE | 53 525
| JEAN-MICHEL | 52 336
| HENRI | 49 723
| MARCEL | 49 398
| FRÉDÉRIC | 49 357
| JACKY | 48 186
| JEAN-FRANÇOIS | 47 739
| JOSEPH | 46 308
| Filles
| MARIE | 405 664
| MARTINE | 277 808
| FRANÇOISE | 230 667
| CATHERINE | 221 398
| SYLVIE | 188 397
| CHANTAL | 186 011
| MONIQUE | 175 560
| BRIGITTE | 165 087
| CHRISTINE | 162 770
| NICOLE | 160 563
| ANNIE | 149 127
| DOMINIQUE | 137 144
| PATRICIA | 126 614
| CHRISTIANE | 118 682
| MICHÈLE | 117 354
| ISABELLE | 115 619
| JACQUELINE | 109 294
| VÉRONIQUE | 103 619
| CLAUDINE | 99 048
| EVELYNE | 98 783
| DANIELLE | 98 296
| NADINE | 91 045
| ANNICK | 87 890
| ANNE | 85 751
| JOSIANE | 81 781
| JOCELYNE | 80 357
| ELISABETH | 74 902
| JOËLLE | 73 523
| BERNADETTE | 70 573
| BÉATRICE | 67 694
| MARYSE | 64 313
| PASCALE | 64 293
| MIREILLE | 64 194
| CORINNE | 64 113
| ANNE-MARIE | 62 039
| COLETTE | 61 116
| GENEVIÈVE | 59 663
| MARIE-CHRISTINE | 59 036
| MICHELLE | 58 921
| NATHALIE | 55 980
| JOSETTE | 55 208
| LAURENCE | 49 956
| DANIELE | 49 902
| ELIANE | 48 477
| HÉLÈNE | 48 117
| LILIANE | 48 049
| ODILE | 46 592
| MARIE-CLAUDE | 44 916
| MARIE-THÉRÈSE | 43 759
| GHISLAINE | 43 500 Lecture : Marie est le prénom le plus donné aux filles de la génération des baby-boomers, nées entre 1946 et 1964. Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France hors Mayotte entre 1946 et 1964. Source : Insee, Fichier complet des prénoms.
graphiqueFigure 4a – Top 50 des prénoms féminins et masculins les plus donnés à la génération des baby-boomers
Lecture : Marie est le prénom le plus donné aux filles de la génération des baby-boomers, nées entre 1946 et 1964. Champ : Prénoms attribués aux enfants nés en France hors Mayotte entre 1946 et 1964. Source : Insee, Fichier complet des prénoms.
Parmi les enfants de la génération X (1965‑1980), les prénoms les plus fréquents sont Nathalie, Isabelle, Sandrine, Valérie et Sylvie pour les filles, ainsi que Christophe, Stéphane, Laurent, Frédéric et David pour les garçons. Cette période se caractérise par une diversification plus marquée des prénoms et ouvre la voie vers l’individualisation [Ouvrir dans un nouvel ongletDesplanques, 1986 ].
Les prénoms dominants dans la génération Y (1981-1996) sont Aurélie, Elodie, Julie, Marie et Emilie chez les filles, et Nicolas, Julien, Alexandre, Thomas, Guillaume et Kevin chez les garçons. L’apparition et la diffusion de certains prénoms traduisent l’élargissement des références culturelles et des influences extérieures.
Pour la génération Z (1997-2012), les prénoms les plus attribués sont Léa, Manon, Emma, Camille et Chloé pour les filles, ainsi que Lucas, Thomas, Hugo, Enzo et Théo pour les garçons. Ces prénoms plus courts et transculturels témoignent d’une diversification croissante des choix de prénoms, dans un contexte marqué par une circulation plus large des références culturelles.
Le cycle de popularité des prénoms s’accélère
Depuis que le prénom est plus souvent choisi que transmis, le cycle de popularité des prénoms s’accélère, traduisant un renouvellement rapide des préférences. Au milieu du XXe siècle, un prénom pouvait rester en tête des classements (top 50) pendant plusieurs décennies. Depuis les années 80, la durée de popularité des prénoms diminue régulièrement pour atteindre une petite dizaine d’années au début des années 2000. Cette accélération des cycles traduit à la fois une diversification des choix, une moindre transmission intergénérationnelle des prénoms et une sensibilité accrue aux effets de mode.
Les prénoms suivent des trajectoires typiques : ils émergent, connaissent une phase de diffusion rapide, atteignent un pic de popularité, puis leur usage décline. Certains prénoms réapparaîtront peut‑être comme l’ont fait d’autres prénoms revenus à la mode après plusieurs décennies d’éclipse. Louise, Rose, Suzanne ou Madeleine pour les filles et Louis, Léon, Lucien, Marcel ou Émile illustrent ce phénomène de résurgence lié à des effets de génération, de nostalgie ou de redécouverte du patrimoine des prénoms.
De plus en plus de prénoms uniques
Avec la diversification des prénoms, il devient plus fréquent que certains ne soient que très peu portés. La variété des orthographes renforce cet état de fait. Sur les 864 600 prénoms portés par les personnes nées en France entre 1946 et 2025, 607 000 n’ont été donnés qu’une seule fois en 80 ans (avec une orthographe et une accentuation données). Ces prénoms uniques sont de plus en plus plébiscités par les parents. Le nombre de prénoms uniques augmente lentement à partir de 1946, puis à un rythme plus soutenu depuis 1993. Leur poids dans l’ensemble des naissances a donc beaucoup progressé.
Encadré – Les prénoms mixtes de plus en plus choisis
Certains prénoms comme Dominique, Camille ou Noa, sont portés aussi bien par des femmes que par des hommes. Sur les 864 600 prénoms donnés en 80 ans, 49 200 sont portés par les deux sexes. Parmi eux, 31 100 sont qualifiés ici de prénoms mixtes, car portés par les deux sexes avec la même orthographe, à hauteur d’au moins 15 % pour le sexe minoritaire. Ainsi Alix, prénom porté à hauteur de 22 % par des garçons et 78 % par des filles est considéré comme mixte, alors que Lou porté à 7 % par des garçons et 93 % par des filles ne l’est pas selon cette définition.
Entre 1946 et 1970, le nombre de prénoms mixtes augmente progressivement, passant de 613 à 1 017 par an (figure ). La croissance des prénoms mixtes s’accélère fortement à partir des années 1970. Depuis 2010, le nombre de prénoms mixtes se stabilise, atteignant 5 699 en 2025.