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Nés trop tard pour avoir connu leur père

Article de La Voix du Nord du 10 septembre 2006

dimanche 10 septembre 2006, par Olivier Duquesne aka DaffyDuke

Plus de sept cents enfants ont perdu leurs parents dans l’effondrement des tours jumelles. Parmi eux, le cas des orphelins nés après la mort de leur père en particulier.

Le petit Gabriel Jacobs, quatre ans, a hérité des cheveux, du nez et des yeux bleus de son papa, mais il ne l’a jamais rencontré.
Ariel Jacobs a péri dans l’attaque contre le World Trade Center six jours avant la naissance de son fils unique.
« Lorsque Gabriel lance un ballon dans le ciel et qu’il ne voit plus qu’un petit point monter dans les nuages, il dit : c’est bon, le ballon a trouvé l’entrée du paradis, je pense qu’il l’a maintenant », raconte sa mère Jenna Jacobs-Dick. On recense plusieurs dizaines d’enfants comme Gabriel, mis au monde par des veuves du 11 Septembre après les attentats. Et c inq ans après le drame, ils commencent tout juste à comprendre.
Le premier d’entre eux est né quelques heures après le drame et le dernier neuf mois plus tard. Des mères ont découvert qu’elles étaient enceintes après la mort de leur compagnon.
Les pères disparus étaient pompiers, policiers, serveurs de restaurant ou agents de change. Certaines veuves ont fait une fausse couche.

D’autres se sont effondrées en salle d’accouchement. Chaque naissance a été à la fois un moment merveilleux et affreux.
Marylene Cloître, directrice de l’Institut pour les traumatismes et le stress du centre d’étude pédiatrique à l’université de New York, suit 700 enfants qui ont perdu des parents dans les attentats. Le cas des orphelins nés après la mort de leur père est particulier. Ils construisent en effet une image de leur père à partir de souvenirs d’autres personnes et de photos, sans avoir aucune réminiscence de sa présence.
L’histoire de leur père suscite chez ces enfants des questions : Comment papa est-il mort ? Qui sont les méchants ? Où sont passés les bâtiments ? Ou encore : lorsqu’on a enlevé les débris, est-ce qu’on a aussi enlevé papa ? Leurs interrogations changeront en grandissant, souligne Mme Cloître.
Dans quelques années, ils voudront probablement savoir si leur père les aurait aimés, et à l’adolescence, ils pourraient se demander dans quelle mesure leur personnalité est proche de la sienne. •

Vos commentaires

  • Le 10 septembre 2006 à 23:30, par Olivier Duquesne aka DaffyDuke En réponse à : Nés trop tard pour avoir connu leur père

    Voilà un article qui m’a beaucoup touché. Moi non plus je n’ai pas connu mon papa, décédé quelques jours après ma naissance. Une vie par procuration, comprendre pourquoi l’absence, se l’imaginer dans telle ou telle situation. Fatigué parfois des "ton père t’aurais jamais laissé faire çà", ou "pense à ton père !" Comment pourrais-je ? C’est un inconnu pour moi, une photo sur un cadre, un souvenir de parent, un souvenir de jeune inconscient pendant la seconde guerre mondiale dans la bouche de grands parents, un souvenir de jeune sans le sous pendant la guerre d’Algérie dans la bouche d’un inconnu militaire. Qui est mon père ? Un type qui devait me ressemblait à une époque qui manque à beaucoup. A moi ? Pas encore, et pourtant, parfois ...

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