Salut Patrice

Ce lundi matin, mon ami Patrice en a fini.

Portrait de Patrice Budzinsli
Mathieu Drouet

Magnifique portrait par mon ami Mathieu Drouet (@mathieu.drouet)

Tu sais Patrice, c’est ce copain rencontré pendant le festival qu’il organisait à Arras. Sacrés Belges, via mon copain Steph. Grace à lui j’ai modelé une culture rock avec Girls In Hawai, Ghinzu, Sharko, ... On a fêté son départ du Pharos dignement ! (il est où Jean-Yves ?).Patrice m’a donné l’envie d’aller voir des concerts, au Grand Mix, à Tourcoing. D’année en année,par son impulsion, je suis entré au Conseil d’Administration puis au Bureau de l’association. Que d’afters saluées comme des victoires. Je me souviendrai longtemps encore de ses enfants dansant sur le bar, des repas au catering avec les artistes que ce soit Gomm ou Puppetmastazz ou encore les présentations du trimestre : "Çà va être bien".

Patrice était militant. Pour Benoît. Mais aussi pour Dominique et tant d’autres. Il aimait sans compter. On a voulu soutenir notre copain Dominique lorsqu’on a estimé qu’il avait été licencié injustement. "Hé toi l’informaticien, tu peux pas me faire un site vite fait pour qu’on montre ça à la télé ?".

On s’est retrouvé plusieurs fois dans le bassin minier : une tournée de bars, de copains, de générosité avant tout. Je suis né dans le Nord, je ne connaissais pas l’accueil du Nord comme ça. Patrice, c’est l’ami que je ne voyait pas souvent mais qui me manquait dès la porte franchie.

On pouvait parler de tout, beaucoup de culture. De musique bien sûr, mais aussi de ciné, de séries, de bandes dessinées, de politique, des enfants, de sport (enfin surtout lui) ... Il a toujours montré que c’était possible. Mais c’est aussi la seule personne avec qui je pouvais passer des heures à refaire le monde autour d’une question tellement simple "Çà va ?".

Nous avons pris plaisir quelques jours dans son village il y a déjà trop longtemps. "Faut v’nir hein, et pas que pendant les vacances". J’ai pas tenu ma promesse ...

Une des dernières fois que nous avions échangé au téléphone, c’était pour me dire que son nouveau meilleur ami c’était son chauffeur de taxi. 2h aller, 2h retour quotidien pour son traitement à l’hôpital. J’ai promis que je rappellerai plus souvent.

J’appelle pas, personne, jamais. Je n’ai jamais su faire çà. Tu le savais, c’est toujours toi qui m’a appelé. Toujours. Comme ce jour où tu m’as interdit de rester chez moi après une bien triste nouvelle. On est allé au cinoch’, dans le Pas de Calais, moi le lillois de la grande ville.

Puis tu n’arrivais plus à nous lire, alors c’est vrai on s’est un peu perdu. Mais si tu savais le nombre d’insomnies que j’ai pu avoir, hier encore, où tous ces mots se sont bousculés encore et encore.

Salut Patrice, tu étais fier de ta femme Sylvie et des enfants même si "ouai, c’est pas toujours facile tu sais". Je sais qu’ils sont fiers de leur papa.

Que j’aime à écouter la musique qu’Alex a préparé. A chaque titre je te retrouve. Je n’arriverai pas à t’oublier. Je commenterai ici uniquement les 3 titres que j’ai ajoutés :

 Walk The Line par Johnny Cash : c’est le film que nous sommes allés voir ensemble. Oui c’est le seul, mais c’est surtout le moment, c’était ce jour là qu’il fallait le faire, merci
 Turn To Dust par Cascadeur. Tu vois, tu avais quitté le Grand Mix (à vai dire, l’Aéro aussi), le Grand Mix était en travaux, mais quand Cascadeur est venu jouer à l’Idéal, Alexandre a tenu à te rendre hommage, il aurait voulu que tu sois là ce soir là
 The Suburbs par Arcade Fire pour illustrer comment tu pouvais t’enthousiasmer pour des artistes. À l’époque on s’échangeait des mp3 sur napster ou soulseek, ce groupe commençait à peine à percer au Canada, tu nous en parlais déjà....

Je ne t’appellerai pas. C’est promis.